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 Le torrent et la rivière. [Alice ♥]

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Lynn
avatarHi darling, i'm Lynn Lewis, nice to meet you. ♥
Lynn


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MessageSujet: Le torrent et la rivière. [Alice ♥]   Sam 23 Oct - 11:27

“ Dis, est-ce que tu dors ?
Si oui, est-ce que... tu rêves, aussi ?
Sinon... ben... pourquoi tu dors ? ”



    « ... »

Oh, tiens. Bonjour, Lynn. ... Hm ? Pas bonjour ? D'accord, d'accord...

Tu t'es réveillée d'un coup, c'était... Bizarre. T'as encore mal dormi ? Ouais, t'as encore fait un cauchemar. Enfin, tu peux que le supposer, vu que t'as pas le moindre souvenir de ce que t'as bien pu rêver il y a environ 30 secondes. Tu sais juste que c'était un cauchemar parce que t'as la même impression que quand t'en as fait un en plein milieu de la nuit. D'ailleurs eux non plus tu t'en souviens pas quand tu te réveilles... Mais bon, il faut tout de même avouer qu'il est bien trop rare que tu ne fasses pas de cauchemars pour que tu ne viennes pas d'en faire un. Et puis généralement, tu te réveilles jamais d'un seul coup naturellement, hein.

Bon. Quelle heure est-il, à peu près ? Parce que, t'as pas envie de dormir à nouveau. Et puis, t'as pas envie de pleurer, cette fois. Et t'as encore moins envie de te lever si il fait encore nuit. Non parce que, t'aimes déjà pas particulièrement le noir total qui règne dans ta chambre, mais si en plus tu dois te balader dans le noir dans les pièces ─ surtout que, te connaissant, tu te prendrais 5 murs et 3 meubles avant de trouver un interrupteur et d'y voir quelque chose ─, c'est... Non, quoi. Par contre, il faut quand même que tu te lèves pour aller ouvrir le volet de ta chambre. Ça te permettrait de résoudre deux problèmes disons, majeurs : le noir dans ta chambre, et l'heure qu'il est. Ou au moins si il fait nuit ou jour. Allez hop, debout.

    « Aie. »

... Dans quoi tu viens de buter, là ? Tu vois rien. Tu devrais vraiment arrêter de fermer aussi bien tes volets, parce que non seulement après le matin t'as peur, mais en plus tu buttes dans des objets non identifiés et tu manques de te casser laggle tout les matins. T'as même réussi à tomber, un jour. Ça aurait dû te servir de leçon, mais nan, t'as continué à toujours aussi bien fermer ton volet. Par, réflexe, disons ça comme ça. Bref. Tu devrais peut-être ranger aussi, un peu, non ? Bon, d'accord, d'accord, y'a pas énormément de trucs au sol dans ta chambre, c'est pas comme si c'était un dépotoir par terre hein. Mais y'en a suffisamment pour que ton pied se cogne systématiquement dans quelque chose. A moins qu'il ne s'agisse que d'un seul et unique pauvre objet laissé à l'abandon en plein milieu de ta chambre, à l'endroit stratégique ou tu passes à chaque fois. Ouais, c'est une possibilité aussi, vu ton adresse et ta chance. C'est juste une habitude, voilà.

... Waw. La lumière du jour vient de t'éblouir. C'est ça, de passer du noir total à la lumière certes un peu faible d'un soleil matinal. Il a l'air de faire beau, dehors. ... Mais tu t'en fous, t'aimes pas sortir. Et encore moins quand le soleil trône au milieu d'un ciel tout bleu. Bref. Maintenant au moins, t'y vois clair autour de toi. Et tu balayes ta chambre du regard, en laissant échapper un bâillement. En fait, tu t'en étais pas rendue compte quand tu t'es levée mais... T'es crevée. Enfin, comme d'habitude, c'est pour ça que t'y as pas fait attention.

Bon, mais, maintenant ? Tu sais pas trop quoi faire, là. Il a l'air d'être plus tôt que l'heure à laquelle tu te lèves d'habitude. Enfin, l'heure moyenne, vu que ton horloge interne n'est pas suffisamment précisément réglée pour te faire te lever tout les jours exactement à la même heure. Tu récupères la boite à musique trainant par terre ─ et, comme tu le supposais, c'était bien la seule chose au sol ─ et tu t'assois sur ton lit en l'observant vaguement. Tu réfléchis, en fait. Quand tu te lèves trop tôt, tu fais quoi ? ... T'as un trou de mémoire, il semblerait. D'habitude tu vas... Comater sur la table de la cuisine en attendant d'avoir un semblant d'envie de bouffer quelque chose. Et après tu manges et tu vas te doucher après qu'Alice se soit levé. ... Et si pour une fois tu changeais l'ordre habituel des choses ? Genre, tu vas te doucher, là, maintenant, tout de suite. Ça évitera à Alice ton humeur massacrante du réveil forcé. Ça te réveilleras peut-être l'estomac, même. Et puis ça seras toujours plus utile que de comater sur une table, dans une position pas particulièrement confortable. Et de t'y rendormir, parce qu'après t'as mal au dos. Allez, debout Lynn ~

...

Ça fait du bien de prendre une douche, quand même. Tu te sens déjà moins fatiguée. Bon, bien sûr, cet état ne restera pas bien longtemps, parce que la fatigue et toi, c'est une grande histoire d'amour, on peut pas vous séparer plus d'une heure sans que tu tombes K.O. d'un coup, comme ça. La puissance de l'amour, je vous dit. Bref. Ce qui est bien quand Alice n'est pas encore levé ─ parce que, vraisemblablement, il ne l'est pas encore ─, c'est que tu peux te balader en serviette sans risquer de tomber nez-à-nez avec cette espèce d'asperge. ... Hein ? Pourquoi tu veux que je retire ce que je viens juste de dire parce que ça a une connotation négative ? Je critique pas, j'aime bien les asperges. ... Non, là ça a une connotation perverse. On va oublier la fin de ce paragraphe, d'accord ?

Donc je disais, quand t'es debout et pas lui, tu peux te balader dans la maison en serviette sans le croiser. Ce qui est tout de même pratique. Non pas que tu sois d'une pudeur extrême, t'as quand même vécu presque seule dans une maison avec 3 garçons, mais disons que ça serait... Gênant ? Ouais enfin bon, je sais pas trop comment qualifier ce que tu ressentirais si tu le croisais en serviette, mais je pense pas que t'aimerais. Tu penses pas non plus hein ? Alors va t'habiller avant qu'il se lève, au lieu de rêvasser.

    « Ah putain. »

... Lynn, t'es sûre d'être vraiment réveillée ? Non parce que, encore, si cette poignée était la seule chose que tu te bouffais dans les bras, ça irait. Mais non, là, en 3 minutes, t'as du te prendre trois encadrements de porte dans les épaules, une rambarde d'escaliers dans les hanches, un coin de meuble dans la main, et maintenant cette poignée. Non mais, avoues que ça fait pas très réveillée, quoi. Que je me taise ? D'accord, d'accord, mais tu vas tout faire tomber là, Lynn. Pourquoi tu t'acharnes à tenter de récupérer je sais pas quoi sur cette étagère alors que tu sais pertinemment que t'es trop petite et que tu seras toujours trop petite pour l'atteindre, hein ? A croire que cette maison a été construite pour les géants comme Alice ou Blaise.

    « Mais merde ! »

Tiens, quand je te disais que t'allais tout faire tomber. Tu t'es pris le paquet de céréales sur le crâne, voilà. Fallait t'y attendre, hein. Si ça continue, tu vas battre ton record de catastrophes en une matinée. C'est peut-être pour ça finalement, que tu préfères commencer par comater sur la table au lieu de prendre ta douche, ta maladresse est encore pire après sinon. Enfin, bref, ne nous étalons donc pas sur des détails aussi futiles. Tu te laisses tomber sur une chaise après avoir posé ton bol et le paquet de céréales sur la table. ... Sauf que t'as oublié le lait, en fait. Et remarquer ce détail te fait pousser un soupir désespéré avant de t'affaler sur la table. Non, vraiment, ça va pas ce matin. Qu'est-ce que t'as bien pu faire comme cauchemar pour que ton cerveau en garde de telles séquelles, hein ? Comment ça je dis n'importe quoi ? Mais pas du tout.

Donc, tu te lèves. Et tu vas chercher le lait. Sauf que tu te prends le pied dans une chaise, va savoir comment. Et que tu manques de t'étaler de tout ton long sur le sol. Heureusement que t'arrives à avoir le réflexe de te rattraper, sinon j'crois que tu te bouffais même le meuble devant toi dans le crâne. Bon, restons zen. Ce n'est rien, juste une malédiction qui s'est abattue sur toi pendant ton sommeil. D'ailleurs elle t'a complètement coupé l'appétit, déjà que t'avais pas particulièrement faim. Bon mais maintenant que t'as le lait dans les mains, tu le poses quand même sur la table, tant qu'à faire. Sauf que maintenant, tu sais pas quoi faire, là. Tu veux pas manger, t'as déjà pris ta douche alors c'est une raison de plus pour que tu ne retournes pas dans ton lit, et si tu bouges trop tu vas vraiment finir par te casser la gueule et t'as pas particulièrement envie. Déjà que tu trouves ça stressant, de pas pouvoir suffisamment tenir debout pour marcher loin des murs et les éviter ou ne pas trébucher bêtement.

Oh, tiens, du bruit. Oui bon, c'est léger, comme bruit. Mais vu le silence qui régnait dans la maison après que tu te sois finalement rassise sur la chaise, c'est pas difficile d'entendre les minis-bruits. En temps normal, ça t'aurait fait un peu flipper. ... En fait, c'est le cas. Mais tu sais très bien que c'est Alice. Ouaip, tu le sais, c'est juste un réflexe qu'a pris ton cerveau, d'imaginer que c'est un monstre, un voleur ou tout autres trucs du même style. Tiens, regarde, il arrive en haut des escaliers. ... Mais pourquoi tu regardes pas ? Ah, tu viens de te rendre compte que t'avais aussi oublié de prendre une cuillère... C'est embêtant ça... Et je serais toujours surprise par ta capacité de te concentrer sur Alice puis d'être absorbée dans tes pensées à propos d'autre chose quand t'es potentiellement dans son champs de vision.

Oh, une main sur ta tête. Tu sais, je la trouverais toujours curieuse, cette habitude que vous avez, le matin. Genre, c'est pas un salut, d'ébouriffer les cheveux de quelqu'un, si ? Et puis, quand on est polie Lynn, on regarde la personne qui vient d'arriver. Et je sais que tu t'en fiches de mes leçons de morale, oui, merci Lynn, pas la peine de me le préciser. Tu laisses échapper un léger soupir en reposant la cuillère avec laquelle tu jouais ─ oui parce que t'as profité que je parles pour aller la chercher ─ avant de te lever de ta chaise. ... Et puis non. Et tu te rassois.

    « B'jour. »

Tu poses ton coude gauche sur la table avant de poser ta tête sur ta main en tournant vaguement la tête vers Alice. Vaguement juste, parce que là, dans ton champs de vision, t'as approximativement que sa hanche gauche. Aah, sa magnifique hanche ~ Tiens, tu vois même ses fesses, vu qu'il te tourne le dos. Jolies fesses, d'ailleurs. Oui j'ai compris d'accord je me tais ne me tape pas Lynn je serais gentille et sage et j'arrêterais de partir dans le hors sujet c'est promis.

    « J'ai déjà pris ma douche, si tu veux. »

Tu relèves les yeux vers lui, enfin vers sa tête quoi, mais juste dans les environs de 3 demi secondes avant de les baisser à nouveau. Bon, t'as au moins fait l'effort de lui parler correctement, avec une phrase contenant un sujet, un verbe et un complément. Tu vois qu'il n'y a pas que des inconvénients à te doucher avant de « manger ».

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Félicitation, t'es en train de toucher le fond.
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MessageSujet: Re: Le torrent et la rivière. [Alice ♥]   Mer 10 Nov - 19:44



Les jours se suivent et se ressemblent, tous aussi semblables les uns que les autres. Il te semblerait presque que plus les heures, les jours, les semaines, les mois passent, plus toi et ton quotidien plongez dans une banalité insupportable. Un banalité agaçante, qui te foutrait presque hors de toi, et dont tu aimerais te débarrasser. Mais comment faire? Il faut dire que ton existence elle-même est tout sauf ordinaire. Toi, du haut de tes dix-neuf ans, tu tiens l'auberge la plus fréquentée de Madland. Toi, tu suis un parcours que, dans le monde normal dont tu te souviens encore aujourd'hui ─ mais pour combien de temps, encore? ─ tu n'aurais pu jamais suivre. Enfin, si. Mais pas à cet âge-là, même si tu avais eu toute l'ambition du monde réuni dans ton être parfait.

Tu te redresses, péniblement. L'irritabilité te donnerait presque envie de fumer un bon coup, histoire de sentir ton cerveau s'embrumer en même temps que tes poumons. Mais à ta place, tes yeux froids et sévères se posent sur la personne étendue à côté de toi et dont les ronflements t'ont tiré de ton sommeil léger ; ou alors était-ce le soleil, étant donné que vous n'avez pas pris la peine de fermer les volets. Bref. C'est une femme, bien évidemment. Pas laide. Pas forcément belle non plus. Une femme comme on en voit partout. Une femme qui se veut banale, comme la grande majorité des autres femmes de Madland. De toutes façons, c'est simple. Ou elles sont simples à en crever ─ certes, parfois, avec des mensurations plutôt extraordinaires ─ ; ou bien, elles ont des têtes épouvantables qui te feraient penser à un croisé de Buzz l'éclair avec un Monster Munch. Tu es méchant, quand même, de penser ça d'elles. Ou réaliste. Faut voir.

Elle est allongée sur le ventre, la poitrine écrasée sur le matelas, le visage barré de mèches de cheveux que son chignon, à présent à moitié défait, ne tenait plus. Tu as, en te relevant, retiré à moitié la couette qui ne cache à présent plus son dos blanc, aux multiples marques rouges et griffures. C'est de toi, ça, non? Possible. Sûrement. Maintenant que tu te poses la question, tu peux confirmer : ces marques sont effectivement le fruit de tes deux mains. Quand le soleil se sera réellement levé et qu'il éclairera ces quelques marques et griffures, elle se réveillera sûrement à cause de la douleur. Tant pis. Tes yeux, eux, étudient les courbes de son corps. Un poitrail de taille moyenne, pas épais, pas mince non plus ; des hanches fines qui révèlent une taille de guêpe, une belle poitrine. Elle est belle. Sûrement très belle, même. Sûrement aussi conne que belle, à vrai dire. Et tellement banale. Comme tout le reste.

Tu as besoin de te détendre. De te déstresser. Tu sais très bien que le stress dès le matin, c'est pas bon. En plus, ça donne mal au ventre, et ça te met d'une humeur encore plus insupportable que d'habitude. Ça te met de l'humeur où tout t'énerve, tout t'insupporte, rien n'est à ton goût ; pas même la musique. A vrai dire, à présent, même Chopin te paraîtrait banal et sans intérêt ; c'est dire l'état dans lequel tu te trouves. Tu fixes la taille de la jeune fille à côté de toi et aurais presque un sourire satisfait en coin lorsqu'elle se retourne pour dormir cette fois sur le dos, laissant ainsi tes yeux admirer le beau spectacle. Tu pourrais peut-être la réveiller. Ça ne te coûterait rien de poser une main sur son ventre et la laisser s'égarer, en attendant qu'elle se décide d'ouvrir les yeux. En effet, ça ne te coûterait rien. Ça te changerait les idées, peut-être. Mais tu la laisses dormir. Non pas par gentillesse ─ tu serais encore plus gentil de la réveiller de cette manière fort tonifiante dès le matin ─ mais parce qu'un bruit dans la maison a attiré ton attention.

    Qu'est-ce que c'est?


Des bruits de pas, apparemment. Lynn, sûrement. Oui, c'est elle. Tu reconnais le bruit de ses pas ; et ce n'est certainement pas Blaise étant donné que celui-ci n'a pas dormi à la maison cette nuit. Voilà, encore un truc qui fait que tes journées se suivent et se ressemble ; tu pourrais presque prévoir à l'avance et avec grande exactitude les soirs où Blaise se décidera à passer la nuit dans le lit d'une femme. D'ailleurs, en y réfléchissant, tes sorties nocturnes de chasse à la donzelle qui écarterait rapidement les jambes sont tout aussi prévisibles. C'est une question d'habitudes, disons. Sauf qu'aujourd'hui, tu aimerais bien qu'elles changent, ces habitudes. Même si, hors de question de devenir un non pratiquant sexuel. Ça va pas, ou quoi? C'est comme si tu devenais subitement adorable et que tu te mettais à jeter des fleurs roses partout. C'est absurde, c'est débile, c'est hors personnage, c'est effrayant.

De l'eau. Tu entends de l'eau, là. Alors, tu hausses un sourcil. Il est pas tard, tu n'es pas encore levé, et l'eau coule déjà. Lynn se lave déjà? Il semblerait bien que oui. Tu abaisses ton sourcil haussé et écoute calmement le bruit de l'eau qui roule, te rappelant le bruit de la pluie. Ça te détend, la pluie. Surtout les pluies d'été qui sont légèrement tièdes ; les pluies d'automne, elles, auraient plus tendance à te rendre calme, certes, mais aussi très facilement irritable. Alors, tu divagues et écoutes sans broncher. Tu grimaces lorsque la demoiselle étendue à côté de ta majestueuse personne émet un ronflement conséquent. T'aurais presque envie de lui faire bouffer l'oreiller, histoire qu'elle se taise. Cependant, c'est ton oreiller, alors... Tu vas éviter, quand même.

Ça pourrait avoir l'air stupide de penser de cette manière et de faire attention à ce petit détail imbécile, mais son geste t'a tiré de tes songes et de ton attitude blasée. Toi qui avais besoin, malgré tout, de te prouver que ta vie n'est pas si monotone que ça, elle l'a fait. Et tout ça, rien qu'en prenant une douche avant toi. Si c'est pas beau, la vie, quand même... Tu te rassieds un peu mieux en imaginant. Elle ressemble à quoi, la douce Lynn, sous la douche? Elle doit sûrement elle jolie à regarder, trempée jusqu'aux os, rougie par la chaleur apparente de l'eau. Elle doit évidemment être douce à toucher, et ce doit être agréable de laisser sa main glisser sur sa peau humide. Tu pourrais peut-être la rejoindre, non? Oui, non. Elle ne se laisserait sûrement pas faire, elle. Tu risquerais de te prendre un shampoing en pleine tête. En plus, aller tripoter une fille sous la douche tandis qu'une autre dort dans son propre lit, c'est pas le summum du chic et du distingué. … Depuis quand t'es chic et distingué, toi? Depuis quand ça te gêne de songer à faire de Lynn ce que tu fais de toutes les autres femmes ; c'est-à-dire un pantin, un objet qui sert uniquement à assouvir des besoins primaires durant quelques instants, qui entre dans ta vie pour en ressortir aussitôt, n'y laissant tout au plus que quelques bijoux oubliés sans aucune valeur? Hein, depuis quand? Depuis que tu l'as vue pour la première fois, en réalité. Tu savais que cette petite poupée ─ cette fille fragile qui tente de se donner, parfois, des airs robustes pour ne pas laisser apparaître une trop grande sensibilité ─ ne pourrait jamais finir dans ton lit comme toutes les autres. C'est impossible. Votre relation est bien trop étrange, bizarre, même spéciale, pour que tu puisses te permettre cet égard. Toi qui tiens absolument à ce qu'elle vive ─ et pourquoi tu le veux, tu n'en as absolument aucune idée ─, ce serait manquer au but que tu t'es fixé. Tu sais très bien qu'elle n'est pas le genre de fille à laisser un homme rentrer dans son lit par simple envie ; pour tout dire, il t'est même arrivé de te demander si elle accepterait un homme tout court. Il y aura forcément qui s'y cachera derrière, un truc horrible, un truc qui te ferait grimacer. Ce truc-là, ou plutôt ces trucs-là, c'est ce que l'on appelle plus communément des Sentiments.

Alors tu ne te lèves pas, tu ne te glisses pas doucement dans la salle de bain comme tu pourrais avoir eu envie de le faire. Tu te contentes de fixer la porte en l'entendant en sortir. Là encore, tu pourrais la rejoindre. Ok, mais pour faire quoi? La regarder, lui ébouriffer ces quelques longues, longues, mèches de cheveux mouillés et te marrer intérieurement parce que ça leur donnera sans doute une drôle de forme qui la rendra ridicule? Tu pourrais, là encore. Elle est drôle, Lynn, quand tu t'amuses à la faire gentiment ─ c'est presque surréaliste d'employer ce mot avec toi, tu sais? ─ chier. D'ailleurs, c'est comme ça que tu arrives à faire en sorte qu'elle fasse la cuisine tous les soirs. En échange, toi, tu fais la vaisselle. Parce que t'es gentil. … Oui, bon, d'accord, ce gentil là était une blague à prendre avec une totale ironie. Tu l'écoutes se vautrer, se cogner, râler, avec une indifférence qui frôlerait le ridicule. Si elle râle, c'est qu'elle va bien, non? C'est lorsqu'on ne l'entend plus se plaindre qu'il faut faire attention ; c'est lorsqu'elle commence à faire semblant ─ et même toi tu ne sais pas exactement discerner forcément le vrai du faux, avec elle.

Tu attends. Tu ne l'entends plus, puisqu'elle est en bas. Alors toi, tu te lèves, aussi discrètement que d'habitude. Tu te passes une main sur le visage, enfiles un caleçon et jettes un coup d'oeil désintéressé à la jeune fille étendue dans ton lit. T'aurais presque envie de fermer les volets pour éviter qu'elle ne se réveille trop tôt ; c'est fou, quand même, à quel point tu hais les confrontations du matin entre tes victimes nocturnes et toi-même. Ça a le don de t'exaspérer de voir ces petites minettes penser que tu pourrais être leur prince charmant alors que tu les as cueillies dans une petite ruelle, une place, ou un bar pour les baiser dans les règles de l'art. Enfin, pas tant dans les règles que ça, étant donné les traces qu'il t'arrive de laisser. Tu descends, discrètement. Elle est lavée, habillée, et devant un bol de lait. Sans cuiller, aussi. Ben, elle ira peut-être en chercher une. Et si elle ne se lève pas pour x raison, tu lui en donneras une pour la beauté du geste, histoire de. Mais pour l'instant, tu te contentes de poser ta main sur ses cheveux, comme tous les matins et de les ébouriffer. Sauf que, évidemment, cette fois, ils sont différents. Ils sont plus humides, se baladent moins. Ils sont pas pareils, pas comme d'habitude. C'est rassurant, parfois, de sortir des habitudes. Elle se relève. Se rassied. Comme un « Oui mais en fait, ben non », ou comme lorsqu'on se lève trop vite et que l'on retombe comme une merde sur l'endroit où l'on était assis ou allongé.

    « B'jour. »


Ah, elle est dotée de la notion de parole de bon matin, alors? Ce doit être l'effet de la douche, en fait. Genre ça réveille, tout ça, tout ça. Enfin, elle a pas l'air si réveillée. Mais bon... En même temps, Lynn, à tes yeux, elle a franchement très rarement l'air réellement réveillée. Elle ne doit pas beaucoup dormir. … Ta réflexion est conne puisque tu sais très bien qu'elle ne dort pas beaucoup. Déjà, parce que ça se voit, sous ses yeux. Les deux lignes bleuâtres qui ne sont pas loin de ressembler à des yeux au beurre noir témoignent. Ensuite, parce que, toi aussi, il t'arrive de ne pas dormir une nuit complète. Et ces nuits-là, tu l'entends s'agiter. Certes, elle ne fait pas énormément de bruit. Elle en fait juste assez pour que tes oreilles affutées ─ et ce surtout lorsque tu es dans le noir ─ remarquent un bruit étrange.

    « J'ai déjà pris ma douche, si tu veux. »


C'est gentil de te prévenir. Tu te diriges vers la cuisine, attrapes un truc à bouffer au pif dans le placard, une cuiller dans un tiroir, et retourne t'asseoir en face d'elle, posant l'instrument en face de son bol. Et tu la regardes. Comme toujours, d'ailleurs. Tu passes ton temps à fixer la seule fille qui est restée chez toi plus de trois jours, comme si c'était bizarre que tu puisses abriter quelqu'un sans coucher avec. … Pourtant, t'abrites bien Blaise et vous n'avez jamais rien fait ensemble qui dépasserait le stade basique d'une relation entre garçons. Alors je ne vois pas pourquoi ta réticence ─ pas si réticente que ça, d'ailleurs, puisque tu en as régulièrement envie ─ à coucher avec elle te semble bizarre. Mais ça, on y a partiellement répondu. Alors...

    « Je sais. Tu sens le savon, le shampoing, et tu as les cheveux mouillés. »


Tu ne lui dis pas que tu l'as entendue. Tu ne lui fais pas remarquer étant donné qu'elle serait capable de s'imaginer qu'elle t'a réveillé ; ce qui est complètement faux, d'ailleurs. C'étaient les ronflements de la fille sans nom ─ tu as un réel problème avec les prénoms des gens, oui ─ qui t'ont réveillé. Ou le soleil. Ou le silence. … Oui, c'est débile ce que je viens de dire, excuse moi. D'ailleurs, en parlant du loup... Elle vient de poser deux pieds par terre, de manière très peu discrète. Je dirais même que c'était à la manière d'un éléphant sauvage ayant mangé un peu trop macdo ces derniers temps. Quoi que... En captivité, les éléphants, ils sont plus gros ou pas? Mh. Oui, peut-être, vu qu'ils sont censés être mieux nourris. Enfin, on sait pas. Tu te figes, les yeux rivés sur Lynn, attendant de savoir ce qu'elle va faire, l'éléphante. Elle sort de ta chambre, tu as entendu les bruits de la porte qui s'ouvre. Elle passe dans le couloir, commence à descendre les escaliers, et arrive enfin en bas. Puisque ta chaise est tournée de telle manière que tu tournes dos aux escaliers, tu es obligé de te retourner pour la regarder. Elle est postée devant toi, une mine interloquée aux lèvres, enroulée dans ta couette. Tu ne comprendras jamais ce qu'elles ont, toutes ces nanas, à te piquer tes affaires lorsqu'elles passent une nuit ou deux chez toi. A croire qu'elles se passent toutes le mot à ce sujet. T'en profites pour la détailler, sans rien dire. Elle est plutôt petite. Elle est blonde, aux cheveux frisés, aux yeux marrons. Elle a des lèvres charnues, plutôt rouges, un teint un peu pâle, un visage bien équilibré. Son visage reflète quelque chose, quelque chose d'intelligent ; pour une fois, t'as pas choppé une glousseuse. Elle est jolie, elle a pas l'air conne ; un peu comme ces princesses d'autrefois qui respiraient la perfection : perfection qui n'est, évidemment, rien comparé à la tienne. Mais la façon qu'elle a de regarder Lynn la rend laide à tes yeux.

    « Alice, c'est qui elle? »

Tu hausses un sourcils en regardant ton interlocutrice qui fronce les sourcils sans lâcher ta Douce du regard. Elle l'analyse, quelques secondes, et a un petit sourire condescendant. Elle doit se juger plus belle, plus méritante que la pauvre demoiselle assise sur une chaise, les cheveux trempés, avec un bol de lait devant elle. Elle doit penser qu'elle ne fait pas le poids. Toi, évidemment, tu penses le contraire ─ chose que ni Lynn ni Sans-Nom-Fixe ne doit se douter ─. Sans Nom, c'est une fille qu'on charme comme ça pour s'éclater, qu'on traine dans son lit pour le plaisir d'avoir sous la main ses formes généreuses, non une fille avec qui cela vaut la peine de vivre. C'est là toute la différence ; la personne même de Lynn est plus intéressante à étudier, ce qui fait d'elle la fille ayant le plus de valeur à tes yeux.

    « Tu ferais mieux d'aller t'habiller, non? »


Tu ne réponds pas à sa question. A quoi bon, étant donné qu'elle n'en vaut pas la peine. On ne répond pas aux objets sexuels, on ne leur dit pas ce qu'ils veulent entendre. Enfin, sauf lorsque l'on veut s'amuser encore une fois et regarder en jubilant leurs visages déconfis lorsque l'on leur apprendre que, désolé, ce qu'on disait n'était que du vent, quelque chose pour passer le temps, et qu'on les remercie humblement de bien avoir voulu coucher deux, trois, quatre, dix fois avec soi. Oui, c'est horrible. Oui, c'est être un connard. Et, oui, c'est très drôle.

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T'as beau gémir, je ne t'aime pas.


Dernière édition par Alice le Sam 19 Mar - 13:27, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le torrent et la rivière. [Alice ♥]   Dim 21 Nov - 1:21



Il s'éloigne vers la cuisine. Et toi, tu le suis du regard. Après tout, maintenant il ne te voit plus, alors tu peux le regarder sans qu'il le sache. Enfin, à condition de ne pas le regarder avec trop d'insistance, sinon il se douterait que tu le regardes. Enfin, il sentirait que tu le regardes, quoi. Et tu veux pas, donc. Tu veux rester discrète, dans l'anonymat, disons. T'as pas envie qu'il sache. Pourquoi ? Bah, disons que c'est simple. T'as pas particulièrement envie de prendre le risque de finir comme toutes ces pouffiasses que tu croises le matin, qui passent une nuit dans les bras d'Alice ─ deux si elles ont de la chance ─ et qui se retrouvent dégagées de la maison sans aucuns remords de sa part. Non, tu veux pas finir comme ça. A la limite, tu préfères les jalouser en silence, avoir peur que ça ne soit toi qui te fasses virer par leur faute, et jubiler intérieurement quand elles se retrouvent enfin mises à la porte.

Mais c'est vrai que ces dindes, là, elles te font peur. Très peur, même. Parce que, déjà. T'aimes pas la façon dont elles te regardent. Elles sont jalouses de toi, et ça se voit. T'aurais même presque envie de les regarder en leur souriant, disons méchamment, pour bien les faire rager. Sauf que, bah voilà quoi. Une fille jalouse, tu trouves déjà ça dangereux, alors une fille jalouse ET enragée... Oui mais non merci, quoi. Bon et puis, l'autre problème, c'est que... Elles sont toutes jolies. Vraiment toutes. Bon, la plupart sont aussi connes que belles, c'est un fait. Celles là, une fois que tu te rends compte que c'est rien que des dindes glousseuses et en chaleur, elles te font moins peur ─ même si elles restent malheureusement toujours aussi dangereuses pour ta pauvre santé ─, vu qu'en général elles sont trop collantes, ou stupides, ou chiantes, ou les trois, pour réussir à passer plus d'une nuit et un début de matinée dans cette maison. Mais les autres...

Les autres c'est tout différent. En général, si on est logiques, si ce ne sont pas des abruties glousseuses et compagnies, c'est qu'elles sont un minimum intelligentes. Donc moins chiantes, moins collantes, moins stupides. Et celles là, elles te font vraiment peur. Parce qu'elles seraient capables de mettre au point un plan correct pour se débarrasser de toi, mais aussi parce que, trouver une fille plus jolie que toi, à tes yeux, c'est pas bien compliqué. En fait, toutes les filles que tu as le bonheur absolu de croiser le matin au réveil alors que t'es en train de bouffer ─ ou de fixer le contenu de ton bol en faisant de grands efforts pour ne pas plonger la tête dedans en te rendormant ─ et donc que tu es encore d'humeur irritable car fatiguée et avec un cerveau presque totalement embrumé parce que tu ne l'as pas encore libéré en te douchant, tu les trouves plus jolies que toi. Mais à tes yeux, c'est pas bien compliqué de faire plus joli qu'une anorexique ressemblant vaguement à un squelette vu la blancheur de sa peau et le peu de chair la séparant des os, avec des poches bleues presque monstrueuses sous les yeux et des mensurations laissant tout de même à désirer ─ des fois tu te demandes même si t'es pas née d'un croisement entre un fil de fer et une planche à repasser. Non, vraiment, c'est pas compliqué de faire plus jolie que toi. C'est pour ça que t'as peur. Peur qu'une fille jolie et intelligente réussisse à te prendre ta place d'hébergée par Alice. Et seules toi et moi savons à quel point tu as peur de ne plus pouvoir vivre ici.

Pendant que tu t'étais plongée dans tes pensées, tu as, sans t'en rendre compte, décroché ton regard d'Alice pour le poser sur un point inconnu quelque part entre le sol et le mur, point que tu fixes sans même le remarquer. D'un côté, c'est tant mieux que tu ne regardes plus Alice, puisque lui, pendant que tu réfléchissais, il s'est retourné et est revenu vers toi. C'est d'ailleurs lorsqu'il pose une cuillère devant ton bol que tu daignes sortir de tes pensées pas particulièrement réjouissantes. Tu hausses légèrement un sourcil en fixant le couvert et essaies de te remettre les idées correctement en place. Bah oui, faut pas croire, mais quand tu te plonges dans tes pensées pas très réjouissantes ─ c'est-à-dire dans tes pensées tout court parce que t'as quand même rarement des pensées optimistes et joyeuses ─, ça fait l'effet d'une tornade à l'intérieur de ton cerveau. Donc tu t'y retrouves plus. Tu sais même plus que dans ton bol, y'a que du lait, et que t'as même pas encore touché au paquet de céréales que tu t'es pourtant donnée tant de mal à récupérer sur l'étagère. Ah d'ailleurs, il faudra que tu penses à le ranger sur l'étagère la plus basse histoire de ne pas refaire face à la même difficulté, parce que c'est pas que t'es une fille facilement démotivée mais t'as pas trop envie de te reprendre le paq-

Je sais. Tu sens le savon, le shampoing, et tu as les cheveux mouillés.
Hein ? Pourquoi il dit ça ? ... Ah, oui, tu te souviens. T'avais parlé, avant qu'il ne parte dans la cuisine. T'avais dit ─ attention, information d'intérêt capital en approche ! ─ que t'avais pris ta douche. ... Bon, d'accord, pour l'intérêt on repassera. Enfin, si, c'était intéressant ! C'était que comme ça, il n'aura pas à t'attendre après avoir pris la sienne. ... Ou un truc du même genre. Oh, après tout t'es fatiguée hein, tu viens juste de remettre approximativement de l'ordre dans ton esprit et t'as envie de te recoucher. C'est normal que tu ne saches pas pourquoi t'as dit quelque chose, hein. Déjà que t'es pas non plus très habituée à parler...

Oh ? C'était quoi, ce bruit ? Un bruit sourd et vraiment pas discret. Comme... Comme quelqu'un qui laisse presque tomber quelque chose de lourd au sol. Et ça vient de l'étage, aussi. ... Et t'entends des bruits de pas, non ? ... Et un bruit de porte. Donc il y a quelqu'un. Logique. Mais qui ? Un cambrioleur ? ... Nan, soit à nouveau logique Lynn : un cambrioleur ça fait le moins de bruit possible, surtout quand la maison est particulièrement silencieuse et qu'il y a des gens réveillés dedans. Bon alors, un monstre ? Mais tu sais très bien que ça n'existe pas, les monstres. Tu sais que c'est juste une invention de tes frères que ton esprit a pris l'habitude d'imaginer à son tour. Donc les bruits ne sont que le fruit de ton imagination, malgré leur réalisme flagrant ? ...

...

Ou alors, c'est même pire que tout ça.

Une fille. Ah, ah. Pourquoi t'as pas voulu penser à cette option là, dit moi ?

Elle te fixe. Et tu la fixes aussi. Elle a des jolis cheveux blonds, ça te ferait presque grimacer. T'étais blonde aussi, avant. Ça te fait bizarre de te dire que tu le seras sûrement plus jamais, maintenant que Madland a fait de ta teinture ta couleur naturelle. Mais d'un côté ça te rassure, aussi. C'est pas bien, le blond. Oui, t'es vraiment naïve et crédule, quand c'est tes frères qui s'amusent à te mettre des idées absurdes dans la tête dans le seul et unique but de te faire peur.

Alice, c'est qui elle?
Haussement de sourcil. D'accord. C'est vraiment une manie, chez les filles, de t'agresser de la sorte juste parce qu'elles ont passé la nuit dans le lit d'Alice et que toi tu passes tes nuits seule dans le noir de ta chambre à tenter de t'endormir sans penser aux monstres ni aux cauchemars ni aux cambrioleurs ni à rien d'effrayant ? Tiens, en parlant de ça, ça te rappelle que t'aurais du te douter que tu verrais une fille, en te levant. Non parce que, c'est pas que certains bruits particulièrement, hm, révélateurs des activités, et particulièrement des bruits semblant être émis par une jeune demoiselle en fleurs ─ ou en chaleur ─ t'ont empêchée de dormir mais... Ouais, si, quand même, quoi. Alors tu fronces légèrement les sourcils. Tout comme elle, d'ailleurs.

C'est elle qui m'a empêchée de dormir, cette nuit ?
C'était pas un ton provocateur. Juste ton habituel ton las et trahissant ta fatigue quasi-constante. Mais elle n'a pas l'air d'avoir pris ça comme une simple phrase balancée en l'air. Non, elle a l'air de l'avoir pris sur un ton de défi, vu que son regard se fait plus insistant. Elle te détaille. Mais toi, t'as pas envie de la détailler ; tu sais déjà qu'elle a plus de qualités physiques que toi.

Tu ferais mieux d'aller t'habiller, non?
Oui, c'est ça, vas-t'en, casse toi.
Ton regard se fait légèrement plus noir. Et tu continues de la fixer avec ce regard qui traduit clairement tes pensées pas particulièrement accueillantes. T'en a marre de l'avoir sous les yeux, elle et sa peau claire qui, contrairement à la tienne, ne lui donne pas un air de malade, voire de cadavre, elle et ses jolies courbes que tu ne vois pas à cause de la couette mais que tu suppose très ─ voire trop ─ bien, elle et ses mimiques qui te disent que tu fais pas le poids face à elle et que tu ferais mieux de te casser dès maintenant plutôt que d'attendre en espérant comme une idiote que ça serait elle qu'Alice dégagera. Mais, non. Tu n'espères pas. Bon, d'accord, t'es à la limite de prier pour avoir un peu de chance, pour une fois. Un peu comme à chaque fois, en fait.

Mais elle ne bouge pas. Malgré ton insistance, elle ne bouge pas. Au contraire, elle te regarde sur un air de défi. Apparemment, elle n'a pas l'intention de partir tout de suite. Ni de partir du tout, en fait. Comme toutes les filles qui passent ici, d'ailleurs. Elles pensent toutes qu'elles vont pouvoir rester pour toute la vie ici, avec Alice. Contrairement à toi. Toi, c'est peut-être parce que t'es réaliste, ou paranoïaque, mais t'as peur d'avoir à partir, justement. Et tu connais suffisamment Alice pour savoir qu'il est capable d'annoncer absolument n'importe quand à une fille qu'elle doit se casser, là, maintenant, tout de suite.

Elle se tourne vers Alice. Non, elle n'a pas du tout l'intention d'aller s'habiller tout de suite, apparemment. Et elle lui sourit gentiment. A moins que ça ne soit d'un air charmeur ? En fait tu sais pas, t'as arrêté de la regarder. Ça te dégoute, de les voir déployer toute leur beauté juste pour en rajouter une couche sur le fait que tu leur arrives pas à la cheville. Ça te donne même envie de te casser maintenant, tout de suite. Sans entendre ce qu'elle va dire à Alice. Oui mais, pourquoi est-ce que tu partirais ? T'as même pas encore mangé. T'as a peine touché à la cuillère que t'a donnée Alice ─ t'as juste nerveusement joué avec en lançant des regards noir à la fille qui te les rendait d'ailleurs allégrement ─ et puis t'as toujours juste du lait dans ton bol. Tu dois avoir l'air ridicule en fait, à t'être à moitié servie et à ne plus avoir touché à rien après.

Il faut que je prenne une douche, avant. Tu la prend avec moi dit ? ♥
T'essaies de t'empêcher de grimacer. Et d'empêcher que ta jalousie soit trop visible, aussi. Mais c'est difficile, je te l'accorde. Mais tu fais du mieux que tu peux. Tu fais aussi du mieux que tu peux pour te lever sans que tes gestes ne soient trop brutaux, trop énervés, voire exaspérés. T'arrives à au moins vaguement donner l'impression de te lever parfaitement normalement, calmement, toussa. Tu jettes un vague coup d'oeil à ton pauvre bol de lait qui attend désespérément de servir à quelque chose depuis déjà un petit moment. Mais t'as plus faim, là. Déjà que t'avais pas particulièrement faim tout à l'heure, cette fille sans nom t'a complètement coupé l'appétit. Avec un peu de chance, t'arriveras à manger, un peu plus tard. Mais là pour l'instant, nan, ça te dit carrément plus rien. C'est limite si ça te donne pas envie de vomir. ... Non, en fait, tout ce que t'as envie de faire avec ce bol et le lait qu'il contient, c'est le balancer dans le visage de la fille. Inutile de dire qu'il serait préférable que tu évites, nan ?

Et tu t'en vas. Sans même écouter le reste de la conversation, oui. De toute façon, t'as pas envie de savoir si Alice va accepter ou non la proposition de la fille. Tu t'en fiches, à quoi ça te servirait ? A part à jubiler intérieurement si elle se prend un joli râteau... Mais t'as pas envie. En fait, t'es pas d'humeur à grand chose ce matin, dit moi... T'as juste envie d'aller dans ton lit. De te blottir dans tes draps. Et pourquoi pas de te rendormir. Ouais, c'est une idée, ça. Tu pourrais te rendormir, comme ça tu oublierais que y'a une fille non-glousseuse qui tourne autour d'Alice, actuellement. Oui, c'est une idée. Une bonne idée, même. Voire peut-être très bonne. Alors tu montes les escaliers sans plus faire attention à grand chose.

Tu rentres dans ta chambre, fermes la porte derrière toi, et tu t'appuies contre elle. Tu pousses un léger soupir en fixant le sol. C'est bizarre. Non, pas le sol. Toi. Enfin. A l'intérieur de toi, quoi. Tu te sens pas particulièrement bien. Tu penses pas que ça soit à cause d'un potentiel stress causé par cette blondasse que tu as pendant un instant eu limite envie d'étriper, elle et son air suffisant. Bref, tu sais pas vraiment pourquoi, mais tu te sens pas particulièrement bien. Pas comme d'habitude. Alors tu te décolles de la porte... et te recolles presque aussitôt contre elle. C'était un sacré vertige, ça... Ça te fait grimacer. T'es quand même pas tombée malade ? T'as pas envie. T'aimes pas être malade. Tu vas encore être crevée, avoir envie de dormir, et te réveiller en sursaut, sueurs et pleurs parce que t'as encore fait un horrible cauchemar et t'auras pas envie de te rendormir. Sauf que tu seras crevée et que tu te rendormiras quand même. C'est vraiment horrible, pour toi, d'être malade.

Enfin, tu fais un effort, et réussis à te décoller de la porte sans retomber en arrière. Et tu t'avances doucement vers ton lit, histoire de ne pas ravoir de vertiges ou autre, et tu t'assoies toujours doucement dessus. Et tu t'allonges. Et tu fixes le plafond tout en serrant ta couverture dans ton poing. Tu pries, en fait, c'est ça ? Tu veux pas être malade, bordel. T'attrapes ton oreiller et tu le serres dans tes bras. Et tu fermes fort, fort les yeux, tout en te répétant en boucle « Je ne suis pas malade, je ne suis pas malade ». Mais tu sais bien que ce n'est pas de l'auto-persuasion qui va convaincre ton organisme que tu n'as rien, et qui va faire partir plus facilement la maladie. Tu sens déjà que tu te rendors, t'arrives plus à ouvrir les yeux. Je l'avais dit, la fatigue et toi, c'est une grande histoire d'amour : si elle te lâche, c'est pour mieux te retomber dessus après.

Et tu plonges. A tes risques et périls.

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MessageSujet: Re: Le torrent et la rivière. [Alice ♥]   Sam 19 Mar - 15:47


Tu les regardes, les deux jeunes femmes s'affrontant du regard. L'une assise, l'autre debout. On se croirait dans une des scènes de films où le metteur en scène aurait voulu montrer un décalage certain entre la force mentale de deux protagonistes. L'une est debout et fixe, hautaine, l'autre qui est assise, lui rendant son regard, mais déjà moins sûre et plus fragile. Lynn est plus faible et moins sûre d'elle, l'autre est forte et digne ; et ne laissera sans doute pas une autre femme lui dicter ce qu'elle doit faire. Mais quelque chose brille dans le regard de la douce aux cheveux bleus ; quelque chose d'inhabituel. Ça tombe bien, tu recherchais l'imprévisible, tout à l'heure. Tu regardes ta blonde sans nom, détailles ses formes que l'on devine malgré la couette. Ou alors que tu devines pour les avoir assez touchées pour ça.

    « C'est elle qui m'a empêchée de dormir, cette nuit ? »


Tes lèvres hésitent entre le demi-sourire et la grimace. Demi-sourire parce qu'effectivement, la jeune fille n'était pas des plus muettes et te faisait activement comprendre que tes membres experts répondaient à ses attentes et à ses envies. Grimace parce que réveiller Lynn n'était pas dans tes objectifs. Il faut dire que dans des cas tels que celui-ci, tu oublies parfois que tu n'es pas seul à la maison. Ainsi, tu notes dans un coin de ta belle tête de penser à ne pas monter à l'étage, la prochaine fois que tu feras tes petites affaires. Le canapé n'est pas si peu confortable, après tout. Remarque, la table de la cuisine non plus. On pourrait même ajouter le mur, le sol, la douche, la gazinière, un arbre. Non, vraiment, tu ne manques pas de choix. Pour ne pas dire que, finalement, tout bien pensé, ce ne serait pas une mauvaise idée. Comme ça, peut-être que ça t'éviterait de devoir supporter ces nanas plus longtemps que ta patience quasi-inexistante te le permet.

Mais bon. Tu n'as pas à t'expliquer ni à t'excuser. Après tout, ce n'est pas de ta faute si Lynn a le sommeil léger, non? Si elle te réveillait en plein milieu de la nuit pour cause d'ébats actifs et passionnés avec un jeune homme, tu ne broncherais pas. Enfin, tu te convaincs que tu ne broncherais pas. Tu te mens à toi-même. Bien sûr que tu broncherais. Bien sûr que tu te lèverais et que t'irais tirer cet homme des bras et des bas de Lynn. Évidemment. Tu ne le laisserais pas s'en sortir indemne pour avoir osé pénétrer dans ta maison et entre les jambes de ta Douce. Mais pour toi, cette jalousie est naturelle et normale. Ç'aurait été une autre femme qui vivrait ici à la place de Lynn, les choses seraient pareilles. Qui que ce soit, cette non-envie de voir un homme dans la chambre de Lynn n'est due qu'à un complexe du mâle dominant. Même si c'était Blaise, tu ne le supporterais pas. Ce n'est que ça. Rien de plus, rien de moins. Juste une envie maladive d'être le seul à entrer dans la chambre de Lynn, même si tu n'y fais rien. C'est ta maison, c'est toi qui commandes (oui, bon, Blaise commande peut-être un peu, mais c'est Blaise donc il ne te demandera jamais ton avis pour ça), c'est toi qui décides de qui peut entrer dans cette chambre. Un point c'est tout.

Mais ton raisonnement est bancal, Alice. Il ne tient pas debout ; et il ne faut pas être un expert pour se rendre compte qu'il est surtout précipité et étrange. Presque illogique ; incompréhensible. Peut-être qu'il tiendrait debout pour une personne ne te connaissant pas vraiment, connaissant juste ce monstre dominateur que tu es. Mais il ne marche pas avec moi, comme il ne marcherait sans doute pas avec Blaise. Tu devrais t'avouer que, si Lynn n'avait pas été Lynn, les choses auraient été autrement ; que si elle n'avait été qu'une simple femme comme les autres, tu ne la garderais pas jalousement chez toi ; que si elle avait été une autre personne, tu te ficherais de son sort comme une guigne. Au lieu de cela, tu prétends ne faire que remplir la mission que Chester t'a donnée et transformes ta jalousie affective en soi-disant besoin d'être le seul et unique mâle à approcher un objet de ta possession. Tu prétends, tu prétends. Tu blâmes Blaise qui refuse d'avouer être au moins un tantinet amoureux de Chester mais, Alice, ne te rends-tu pas compte que tu ne vaux pas mieux?

Oui. Bien sûr. J'oubliais. Le grand Alice Wayne vaut mieux que le monde entier.

    « Il faut que je prenne une douche, avant. Tu la prend avec moi dis ? »


Hein? Quoi? Ah. Oui. Tu avais fini par oublier sa présence, à celle-la. C'est fou de voir à quel point tu te fiches comme une guigne des autres personnes que toi vivant sur terre. A quelques exceptions près, évidemment. Alors qu'elle prononce ces mots, ton regard dévie vers Lynn. Tu te remémores tes pensées de ce matin, au réveil, et essayes d'empêcher un sourire en coin significatif de se dessiner sur ton visage ; si tu le laisses s'installer, la jeune blonde pourrait croire que c'est à elle qu'il s'adresse et, ainsi, se dirigerait automatiquement vers la salle de bain en prenant soin de te coller un bisou gluant sur la joue droite. Ou Gauche. Ce dont tu n'as pas forcément envie ; surtout pas le matin, à vrai dire. Tu continues de regarder intensément l'objet de ton petit fantasme de ce matin. Tu détailles lentement et silencieusement son visage, sans rien ajouter, sans répondre à cette blondasse qui s'impatiente.

Puis elle se lève, s'arrachant à ta contemplation. Tu suis du regard ses mouvements lents mais décidés, avec langueur. Tu tournes le dos à l'autre jeune femme mais tu devines au son de sa respiration qu'elle s'impatiente. Tu te tournes en regardant Lynn partir. Quelque chose cloche. Tu sens que quelque chose ne va pas, que quelque chose n'est pas ordinaire. Toi qui te plaignais que les jours étaient trop identiques, te voilà servi en bizarreries, maintenant. Mais cette bizarrerie-ci ne te dit rien qui vaille. Elle n'a rien de plaisant et est plutôt inquiétante. Mais que peux-tu faire? Après tout, ce n'est absolument pas de ta faute si Lynn agit bizarrement. Les femmes sont toutes étranges, presque toutes complètement connes, presque toutes seulement en manque d'un bon amant qui pourrait les faire grimper au rideau ; elles sont toutes d'étranges créatures qui agissent de manière imprévisibles mais que tu as appris à prévoir depuis le temps. Mais pas Lynn. Tu as parfois du mal à deviner ce qu'elle va faire ou dire ; c'est peut-être ce qui attire le plus ton attention vers elle.

    « Hm. Alice? »


Hm? Ah, oui. La blonde. Tu ne lui as pas répondu. Tu tournes d'abord la tête vers elle puis ton corps pivote à son tour, calmement et froidement. Tu la détailles. Elle est belle. Pulpeuse. Ronde. Désirable. Et cette jalousie que tu peux voir et deviner en elle lui donne des airs sauvages qui lui vont bien. Elle fait rougir ses joues et ses lèvres, briller ses deux yeux. Ses cheveux en bataille en ajoutent à cet air bestial. Donc tu te lèves. Tu lui prends la main, sans lui accorder le moindre regard, tandis qu'elle laisse lentement ton drap retomber par terre au fur et à mesure que vous avancez vers la salle de bain. Tu la tires avec force à l'intérieur, elle résiste. Elle est joueuse. Et ça t'amuse.

Inconsciemment, tandis que vos deux corps s'emmêlent, s'entremêlent, s'enlacent, s'étreignent et se pressent l'un contre l'autre, ton cerveau dérive jusqu'à Lynn. Tu repousses, gêné, l'image qu'il t'envoie, en continuant de satisfaire les désirs toujours plus importants de la belle qui se trouve entre tes bras. Alice Wayne connaîtrait donc la gêne? Parlons-nous du même Alice? Peut-être que oui, peut-être que non. Toujours est-il que ton imagination débordante et perverse, un tantinet taquine, force le passage et t'emmerde. Elle choisit son moment, la traitresse. Troublé, tu continues ton entreprise, hésitant entre laisser l'image s'installer et en profiter pour assouvir des pulsions jamais assouvies, et entre ranger cette image dans un coin du mieux que tu peux et continuer l'air de rien l'acte charnel. Tu choisis la seconde option. La plus simple et la plus laborieuse. Le reste se passe sans autres tourments que ceux apportés par l'extase. Un dernier baiser, indifférent. Une dernière griffure dans le dos, un peu fugace. Voilà. C'est fini. L'objet a été consommé et est bon à jeter, à présent.

Tu t'écartes d'elle, t'essuies cheveux et corps et sort sans un mot de plus de la salle de bain qui a eu le temps de se transformer en sauna. Tu erres dans la maison, passes devant la porte de la chambre de Lynn d'où aucun son ne semble provenir et te diriges sans rien ajouter dans ta chambre afin d'enfiler des vêtements propres. Tu auras le temps de t'inquiéter de ce silence de plomb quelques minutes plus tard ; pour le moment, l'heure est à l'habillage. Le reste, on verra après. Toi d'abord, comme d'habitude. Tes mains sèches ont, au passage, ramassé la couette qui trainait sur le sol. Tu la replaces, attentivement. On croirait presque que ton cerveau te force à faire toute chose avec une attention redoublée ; même ce que tu ne ferais pas en temps normaux. Parce que ton cerveau sait pourquoi la maison est silencieuse. Mais, comme lorsque tu étais enfant et que tout, même ranger ta chambre ou nettoyer la cage du lapin, était une bonne raison pour ne pas faire ce que tu devais impérativement faire (et que tu ne pouvais pas faire faire par quelqu'un d'autre), tu te forces à faire absolument tout sauf aller voir Lynn. Mais à force, il ne te reste plus rien à faire à part t'asseoir sur ton lit et attendre. Ce qui est lâche. Alors, par soucis de prouver que tu es brave, tu te lèves.

Tu sors de la pièce avant que la blonde n'arrive. Tu l'entends. Tu entends son pas furibond dans les escaliers, un pas pressé de celle qui a hâte de rejoindre son nouvel amant pour se consacrer à une nouvelle partie de jambe en l'air. Tu refermes la porte de la chambre de Lynn en silence au moment où elle semble avoir atteint le pallier de l'étage. Râté, ma jolie. Essaye une autre fois ; enfin, s'il n'y a ne serait-ce qu'une mince probabilité qu'une chance telle que celle-ci lui soit accordée. Ce qui serait fort étonnant compte tenu du spectacle qui se déroule sous tes yeux. Un spectacle silencieux, calme, sans un bruit si ce n'est que celui d'une respiration lente mais saccadée qui rappelle celle des enfants malades. Tu ravales ta salive, étouffes un juron. Tu le savais. Tu t'en doutais. Cette journée avait trop bien commencé pour qu'elle se finisse bien. C'était trop louche, trop étrange. Trop... Trop. Voilà tout. De l'imprévisible, vous passez au presque habituel. Mais une habitude étrange ; tu ne sais jamais comment ces fièvres, ces maladies vont se finir. Tu avances et pose une main hésitante sur un front, brûlant. Comme tu le craignais. Alice Wayne, tantôt gêné, tantôt hésitant, est à présent inquiet.

Tu n'avances pas plus. Tu recules, même. Ta main va chercher vers l'arrière, se pose sur la poignée tandis que ton regard ne quitte pas le corps frêle et doux de la jeune femme aux longs et doux cheveux qui se trouve étendue devant toi. Tu pourrais tenter de faire comme d'habitude, d'ignorer. Après tout, ce n'est pas ton problème. Ce n'est pas toi qui es malade, et puis tu ne t'es jamais engagé à jouer aux gardes malades. Mais il y a ce quelque chose, ce je-ne-sais-quoi qui fait que, bizarrement, tu prends la santé de Lynn vraiment à coeur. Trop à coeur, même. Comme tu prends soin de sa vie. Plus même que tu ne prends soin de la sienne. Qu'elle soit en bonne santé et en vie, c'est peut-être ce qu'il y a de plus important à tes yeux. Allez savoir pourquoi.

Tu appuies sur la poignée et sors à reculons pour aussitôt être accueilli par une jeune femme blonde en colère. Elle te cherchait, de toute évidence, et ne pas te trouver l'a, il semblerait bien, assez irritée pour qu'elle soit là, devant toi, les bras croisés. Elle ose te regarder méchamment. Elle ose penser qu'elle pourra faire ce qu'elle veut de toi. Elle ose avoir l'air jalouse alors qu'à tes yeux, sa vie compte tellement peu que tu n'as même pas pris la peine de mémoriser son prénom. Elle est une fille parmi tant d'autres ; peut-être un peu plus intelligente que la moyenne, mais cette jalousie et cet énervement à peine dissimulé qui t'avait, peu avant, donné envie d'elle, te donne la nausée. Tu la toises, de toute ta hauteur. Oserait-elle avoir la prétention de se penser digne de toi?

    « Tu dois partir. »


Trois mots, quatre syllabes, un regard froid et indifférent. Pas de crise, pas de larme. Juste une injure marmonnée entre ses dents, une bousculade alors qu'elle passe à côté de toi, des pas secs et lourds qui tentent de cacher un énervement dû à une humiliation qu'elle ne doit pas avoir l'habitude de connaître. Des pas vifs qui résonnent à cause de ses talons. Une porte qui se claque. Elle doit s'imaginer que tu vas te rendre compte d'avoir fait une grossière erreur et penser que tu vas lui courir après, la suivre, la supplier de la reprendre. Elle doit te maudire, te condamner à ne plus jamais rencontrer de femme qui voudront de toi. Elle doit vouloir ta mort. Ou alors, elle est à présent effondrée au coin d'une ruelle et se plaint d'avoir cru aussi stupidement que vous finiriez vos jours ensembles. Mais, tu t'en fous. Tu t'en fous tellement.

Rapidement, tu descends les escaliers. Tu cherches des herbes à diluer pour faire baisser la fièvre, de quoi lui tamponner le front. Tu agis avec habitude et calme qui dissimulent de nombreuses craintes, toutes formées de « Et si, et si ». Et si c'était plus grave qu'une petite angine? Si elle contractait une maladie grave? Mon dieu, regarde-toi, Alice. Tu es pitoyablement inquiet, tellement que tu te fais des films. Tu rirais de toi-même, en d'autres circonstances. Mais pour le moment, la moindre personne osant essayer de se risquer à t'emmerder se prendra une chaise dans la gueule ; une chaise qui sera lancée tellement fort que la personne en question se réjouira que l'objet n'eût été qu'une simple chaise.

Tu remontes les marches, en en sautant une à chaque fois pour arriver plus vite, ouvres la porte de la chambre de la fragile jeune femme et t'avances sans bruit vers elle. Pour l'instant, elle dort presque tranquillement. Pour l'instant. Tu connais la procédure ; tu sais que ce calme apparent ne durera pas et que tu devras la réveiller et la rassurer du mieux que tu pourras en repoussant tes propres angoisses que tu feras taire. Ta main se repose sur son front, avec une tendresse maladroite et unique, un peu étrange pour quiconque te connait, qui est la tienne. Tu la regardes. Elle est belle, quand elle dort. Même rougie par la fièvre, elle est belle. Ta main se balade, silencieusement, sur la peau porcelaine tellement claire qu'elle en serait transparente de la demoiselle. Tu soupires. Les festivités ne font que commencer, Lynn n'ayant pas encore commencé à cauchemarder. Tu appréhendes déjà de voir ce que tout cela donnera. Alice Wayne, tantôt gêné, hésitant et inquiet, a maintenant peur.

Bravo, Lynn Lewis. Tu es sûrement la seule personne à réussir à donner des sentiments humains à cet homme.

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T'as beau gémir, je ne t'aime pas.
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»Your Mood: Dieu que cette fille a l'air triste, amoureuse d'un égoïste.

MessageSujet: Re: Le torrent et la rivière. [Alice ♥]   Mer 1 Juin - 11:46

“ There's no way out, my whole world is black ;
I try to shout, something's holding me back. ”



Il fait tout noir. T'aimes pas ça. Mais tu n'arrives pas à rouvrir les yeux pour voir la lumière du soleil perçant à travers la fenêtre aux volets ouverts de ta chambre. Et ça te fait peur. Et si tu n'arrivais jamais à rouvrir les yeux ? Et si tu restais à jamais coincée dans le noir ? Et si, et si. Tu as peur Lynn, tu paniques, tu angoisses. Et si Alice n'en avait rien à foutre ? Et si personne ne se rendait compte de ton état ? Bah, au moins, tu n'embêterais ni n'inquiéterais personne, ce qui te console un peu, toi qui aimerais être invisible.

Tu ne vois rien, mais tu entends tout. Ta chambre doit vraiment être mal insonorisée. A moins qu'Alice ne soit monté à l'étage. Ou que tes oreilles te jouent des tours dans l'espoir de te tenir dans cet état de demi-sommeil, de t'éviter les cauchemars. Tu as peur rien qu'a l'idée d'en faire un, et tu préfères encore rester dans le noir et te faire peur toute seule. Mais toutes ces peurs, toutes ces angoisses, à force, elles te donnent envie de vomir. Oh, comme tu aimerais pouvoir rouvrir les yeux. A la place, tu essayes d'imaginer ta chambre, en espérant que la vision du lieu connu te rassurera. Mais ton imagination n'a jamais été très gentille avec toi Lynn, et elle associe tout les bruits que tu entends à l'image que tu crées. Et progressivement, des choses toutes moins rassurantes les unes que les autres s'insinuent dans ton esprit. Et tu paniques, tu as peur, encore plus que tout à l'heure. Peur qu'on t'oublie là, à la merci de ces monstres, ces ombres noires presque difformes, que ton esprit s'imagine glisser vers toi.

Et puis il n'y a pas que les monstres. Il y a l'eau, aussi. Même si ta raison essaye, en vain, de convaincre ton imagination qu'il ne s'agit que d'Alice qui se douche, afin d'ôter cette eau qui s'infiltre et monte dans l'image de ta chambre. … Minute. Alice se douche ? Ça te rappelle la proposition de la fille. Alors, il a accepté, hein ? Bof, ça ne te surprend même pas. Ça fait juste mal. Quelle idée aussi, de tomber amoureuse d'un gars pareil. Va savoir qui de toi ou des filles qu'il prend et jette après sont les plus à plaindre.

C'est le fouillis dans ton cerveau. Tu sais plus à quoi penser pour ne pas t'endormir et pour ôter ces quelques images qui s'amusent successivement à te faire peur et à te faire mal. La fatigue, et son camarade de l'ombre le cauchemar, gagnent peu à peu du terrain, et ça te fait peur. Tu ne veux pas, tu luttes, tu tentes de résister. Mais tout ça, ça ne fait que les aider à grandir, que les renforcer. Tu ne gagneras pas Lynn, tu le sais ?

Je veux Alice.
P
auvre petite amoureuse. Un peu plus et tu pleurerais, pendant que lui, en bas, dans la salle de bain, fait jouir une femme dont tu es sûre qu'il ne se souvient même pas du prénom. A la limite, en vous situant légèrement hors contexte, on pourrait confondre cette scène avec une scène de série américaine ─ ou pas forcement américaine d'ailleurs ─ à l'eau de rose, où une pauvre fille pleure dans son lit son chagrin d'amour pendant que l'élu de son coeur profite de sa beauté et couche avec une parfaite mais non moins belle inconnue. Oh Alice, si tu savais à quel point tu lui fais mal, qu'est-ce que tu ferais ?

Finalement, après un temps qui t'a paru interminable, l'eau s'arrête, laissant dans ton esprit l'image d'une chambre inondée mais dont l'eau ne dépasse pas la hauteur du lit. Si seulement elle pouvait noyer les monstres. Mais tu les vois, en hauteur, à l'abri, te regardant, attendant le moment où tu craqueras, abandonneras, te laisseras tomber dans le sommeil, pour te sauter dessus sans pitié. Ce moment approche d'ailleurs, tu les vois, prêts à bondir sur ton frêle corps que ton esprit abandonne.
Et tu flanches.


Le noir est encore plus profond, maintenant. Tu ne vois plus ta chambre, tu ne vois plus les monstres, tu n'entends plus aucun bruit non plus. Alors tu t'accroupis dans un coin au beau milieu de ces ténèbres, tu fermes les yeux et tu attends. Mais ce que tu attends, tu ne sais pas ce que c'est. Peut-être un bruit, une lumière, quelque chose qui t'indiquerait que le noir va partir, que tu vas sortir ? Tu te répètes, dans ta tête, que tu ne veux pas rester là, pas rester enfermée ici. Tu as l'impression d'être dans un placard, un très grand placard dont tu ne trouves pas les murs. Tes mots se mélangent dans ta tête, s'assemblant pour former des suites de mots sans aucun sens, des suites de phrases sans queue ni tête, et tu rouvres finalement les yeux pour avancer à quatre pattes à l'aveuglette, dans le noir. Tu ne croises rien, tu as peur de ce que tu pourrais croiser, tu te réjouis de ne rien croiser.

    « Quelle est ta plus grande peur, Lynn ? »

Tes yeux s’écarquillent et tu te retournes, brusquement, passant ainsi de la position à quatre pattes à celle assise les fesses par terre. Mais il n'y a personne derrière toi. Tu es seule. Horriblement seule dans ce noir étouffant. Et plus tu paniques, plus tu sens son étreinte se resserrer autour de ta poitrine. Ta respiration s'accélère alors, pendant que tu scrutes l'envahissante obscurité.

    « C'est ce qui t'attend, tu sais. »

Tu respires un peu plus vite encore, te tournant dans tout les sens sans te lever, à la recherche d'une présence que tu ne sens même pas. Qui ? Qui parle, hein ? Tu voudrais poser la question, mais tu en est bien incapable. Ta respiration est trop rapide, ta gorge trop nouée, tes lèvres trop tremblantes. Regarde-toi Lynn, tu es pathétique.

    « Quand tu mourras, tu seras seule. Dans le noir et le silence. Pour toujours. »

C'est dans ta tête.
L
a solitude, le noir, le silence. Tu n'as jamais rien trouvé de plus effrayant que ces trois choses réunies.
Tu te fais peur toute seule.
T
u as peur de la mort. Plus que tout, plus que n'importe quoi.
Tu es pathétique Lynn. Ridicule, pitoyable !
T
u as envie de crier.
Qui pourrait vouloir de toi ? Tu n'as aucune chance avec lui.
L
e sol se dérobe, tu te sens flotter lourdement dans l'obscurité.
Et si finalement, ta plus grande peur, c'était toi ?
E
t tu tombes.


Tu rouvres les yeux, brusquement. Tes joues sont humides, presque trempées, et un violent sanglot te fait te redresser, un peu difficilement. Tu ne sais pas pourquoi tu pleures, tu ne sais plus, mais tu ne peux pas t'en empêcher. Tout ce dont tu te souviens, c'est que tu étais seule. Désespérément seule.

Tu n'entends rien, tes oreilles sont comme bouchées, ou c'est en tout cas l'impression qu'elles te donnent. Mais en ouvrant un peu les yeux, tu as pu apercevoir, certes très vaguement à cause de tes larmes, quelqu'un à côté de toi. Alice. Tu le reconnaîtrais entre mille. Ce qu'il dégage est trop singulier, trop unique pour que tu puisses le confondre avec qui que ce soit. Il te fait peur, t'effraie, mais en même temps te fascine et t'attire.

En temps normal, tu détestes que l'on te voie pleurer, alors tu lui aurais sûrement vaguement marmonné un néanmoins poli « Laisse-moi tranquille s'il te plait », mais tu as peur, si peur d'être à nouveau seule. Alors tu te jettes presque contre lui, dans ses bras. Tu ne réfléchis pas, tu ne réfléchis plus, tu as peur, tu as chaud, tu as froid, tu te sens mal, tu es incapable de parler, tu as l'impression que ta tête va exploser, que tu vas vomir, tu n'arrives pas à cesser de pleurer, tes yeux n'arrivent pas non plus à rester ouverts malgré tes efforts. Tu n'es même pas capable de le serrer correctement dans tes bras.

S'il te plait Alice, ne m'abandonne pas.
L
ynn Lewis a besoin de toi.

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Félicitation, t'es en train de toucher le fond.
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Le torrent et la rivière. [Alice ♥]

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